MegaUpload : Ennemi public numéro 1

Megaupload ennemi public numéro 1 Logo Piratage fermé guerre digitale téléchargement illégal meega meegauploadMegaUpload, Hadopi, Nicolas Sarkozy, le FBI, The Anonymous, François Hollande, quel est le point commun entre ces acteurs ? La guerre du téléchargement ! Que cela soit en France ou aux Etats-Unis, c’est le monde entier, ou plutôt le monde digital qui est le champ de bataille d’une guerre économique et idéologique autour du débat sur le téléchargement (il)légal.

Alors que la plateforme MegaUpload, connue pour être le site n°1 de téléchargement direct (DDL), lançait en décembre dernier une campagne de communication pour étendre sa demande et se « racheter une image publique » par l’utilisation d’égéries (MU communique en chanson), elle a connu la nuit du 20 Janvier un tournant décisif en étant « victime » du FBI. Le site n’est plus accessible.

MegaUpload : ange ou démon ?

Megaupload ennemi public numéro 1 Logo Piratage fermé guerre digitale téléchargement illégal logo ange ou démon meega meegauploadMegaUpload est une plateforme qui permet de télécharger des fichiers en DDL, c’est-à-dire télécharger un fichier directement sur un serveur dédié (et non plus en partage). Le DDL a un avantage sur le Torrent, il n’est pas traçable et est intouchable par des plateformes comme Hadopi (rendant la loi quelque peu obsolète).

En se cachant derrière son statut d’hébergeur (son activité n’étant pas le téléchargement mais la location de serveur à la base), l’entreprise a privatisé le téléchargement illégal en proposant des abonnements en accès illimités. Outre son offre gratuite limitée, son offre illimitée lui permet de se « faire du fric » sur le dos des droits d’auteurs. Un fric monstre … (voir Qui est MegaUpload? by presscitron). Pour KimDotKom PDG de l’entreprise, manoir en Nouvelle Zélande, nombreuses voitures, 170 millions d’euros de chiffres d’affaire, 150 millions d’inscrits … tout ça pèsent lourds dans la balance juridique ….

Seulement, MegaUpload, en plaçant son siège social à Honk Kong et ses serveurs en Chine, au Pays-Bas ou aux Etats-Unis, dépend de la loi de ces pays et était jusqu’à ce jour inébranlable.

Si la morale et l’éthique de l’entreprise reste à débattre, elle travaille actuellement sur le lancement d’offres légales censées révolutionner la distribution de biens culturels comme les films ou la musique, ce qui serait un prétexte suffisant à mettre les majors dans le panier d’un complot certain … (vu sur L’informaticien .com )

Symbole de notre génération du « tout gratuit » et du tout « téléchargeable », c’est rien de moins que 150 millions d’inscrits dont 3 millions d’utilisateurs français qui utilisent la plateforme. Chercher à combattre une telle plateforme ne parait donc pas pertinent pour faire évoluer les mentalités, c’est sur les offres et les supports que les majors et les états doivent trouver ensemble des solutions. Sachant qu’en plus les budgets économisés par le téléchargement illégal sont en général reversés à la culture comme le live notamment, les rois du marché de la musique se mordent continuellement la queue en concentrant tous leurs efforts sur la lutte contre leur propre demande.

La guerre du téléchargement illégal 

Megaupload ennemi public numéro 1 Logo Piratage fermé guerre digitale téléchargement illégal Hadopi meega meegauploadEn France, on a connu Hadopi. Bien que l’organisme soit aujourd’hui mis à mal (« ses deux organes, le collège et la Commission de protection des droits (CPD), n’ont plus le nombre de membres imposé par la loi, depuis la fin de certains mandats au soir du 23 décembre 2011. Le décret qui devait nommer de nouvelles personnalités n’a pas été publié » d’après Numerama), il a montré la dualité des effets de cette guerre digitalisée. D’une part, le nombre de téléchargement illégal a effectivement baissé après sa mise en service. La loi a fait peur aux consommateurs, une peur qui a coûté au passage à l’Etat et au Majors plus de 70 millions d’euros … D’autres parts elle a montré sa limite, le DDL augmente, est intouchable, et depuis le 24 décembre l’institution Hadopi ne fonctionne plus…

Si François Hollande condamne la loi (forcément c’est Sarkozy qui en est responsable), il promet pour 2012, la recherche d’une solution autre qu’Hadopi pour l’offre payante… Preuve que le débat est un point clé pour nos hommes politiques parti en campagne.

MegaUpload : quand le FBI s’en mêle

Si en France l’Etat et les Majors ont un temp de retards en ne ciblant que le Peer-To-Peer (partage sous forme de torrent ou sites dédiés comme ce bon vieux e-Mule), les Etats-Unis ont frappé un grand coup cette nuit du 20 Janvier : le site MegaUpload est inaccessible. Il est notamment accusé d’être le promoteur des activités de téléchargement illégal, rôle qui va bien plus loin que sa simple activité technique.  Comment le FBI a réussi la manœuvre alors que le siège social de l’entreprise est à Honk-Kong ? En s’attaquant au nom de domaine : www.megaupload.com. En effet, en ne pouvant pas attaquer le site directement, Le Monde nous explique que c’est sur le nom de domaine que le FBI a pu opérer. C’est ainsi que 18 noms de domaines associés à l’entreprise ont été saisis rendant la porte virtuelle du site condamnée.

MegaUpload est-il mort ?

Non ! Même si l’information générale sous-entend la « fermeture » du site, il faut bien comprendre que ce sont les noms de domaines (gérés par une organisation américaine) et non le site en lui-même qui sont touchés. Le monde Geek a d’ores et déjà trouvé les failles de la manipulation du FBI. Par exemple, en jouant avec les adresses IP et les DNS google, vous pouvez accéder librement à la plateforme : Accéder à MegaUpload par les DNS Tutorial).

Korben nous donne aussi les solutions pour remplacer MegaUpload. Ne vous inquiétez pas, vous pourrez vous faire votre soirée ciné ce week end …

Cependant, la meilleure solution restera les plateformes concurrentes.

Ce qui reste sympas est de voir l’opportunisme des uns et des autres qui s’empare du buzz pour faire du phishing (collecte d’adresse) de masse en créant de faux site ressemblant en tout point à celui que l’on connait. Un dernier en date nous laisse perplexe pour le supEEr avec 2E : http://www.meegaupload.net/ . Personnellement je n’ose pas y laisser quoi que ce soit.

Une polémique politique qui monte

Parallèlement à l’inaccessibilité du site, le département de la Justice confirme l’ouverture d’une procédure criminelle à l’encontre de MegaUpload, justifiant cette action par le cas de « crime contre le copyright le plus important jamais identifié par les Etat-Unis ».

Ces actions apparaissent dans un contexte très virulent depuis quelques jours : le 19 janvier, Kim Dotcom (fondateur de  MegaUpload) est arrêté ainsi que deux de ses associés.

Mais ce n’est pas tout, ces actions interviennent au lendemain d’une journée de contestation contre deux projets de lois américaines voulant lutter contre le téléchargement illégal : SOPA et PIPA.

En France, Nicolas Sarkozy légitime et félicite ses voisins outre atlantique. Il en profite d’ailleurs pour donner le mot d’ordre à ses ministres « à étudier rapidement l’utilité de compléter notre législation par de nouvelles dispositions » (Qu’on se le dise Hadopi 3 est en marche).

Vu comme la recherche de la censure du net par le gouvernement, les consommateurs sont aujourd’hui affligés et c’est au tour de The Anonymous de faire parler d’eux.

The Anonymous combat la censure : œil pour œil, site contre site

Megaupload ennemi public numéro 1 Logo Piratage fermé guerre digitale téléchargement illégal The Anonymous meega meegauploadEt ça n’a pas tardé, à peine 15 minutes après la saisie des adresses IP, The Anonymous (The Anonymous) revendique des actions contre des sites institutionnels commerciaux (Universal) ou institutionnels américains, notamment contre le site du FBI, qui a été bloqué cette nuit. Les Anonymous sont une communauté d’activiste développée sur internet. Ils peuvent être n’importe qui et n’importe où. Apparaissant masqués en public et de façon spontanée sur la toile, ils ont l’habitude de pirater des sites d’entreprises ou institutionnels pour s’exprimer, manifester contre tous ceux qui seraient contre leur combat : la liberté d’expression.

Leur dernière cible a été très médiatisée le 24 Janvier : fort de son succès médiatique, The Anonymous crée le débat et tout le monde n’a pas envie d’adhérer, c’est le cas du journal L’Express et de son rédacteur en chef, Christophe Barbier. Après une critique de l’action de The Anonymous qui pour lui est loin de la défense de la liberté d’expression et après les avoir traité de « Voleurs », c’est le site du journal qui est piraté.

Si les twitters du mouvement accusent ces faits en affirmant leurs désaccords, cette affaire montre les limites d’une entité sans droit ni loi, sans chef ni doctrine. En n’existant pas en tant que groupe physique mais juste en tant qu' »idée » mondiale, The Anonymous permet à certains de prendre des initiatives individuelles dont la pertinence médiatique reste à revoir (censurer un média quand on défend l’expression libre … c’est pas très philosophique tout ça). En « n’existant pas », The anonymous se mord la queue puisqu’il serait inadéquate d’affirmer un « NOUS » ne sommes pas d’accord, ni d’approuver cet acte complètement incohérent avec la philosophie et la culture que l’entité défend fièrement.

The Anonymous reste une belle utopie tout à fait louable à laquelle nous  aimerions tous croire mais il faut que l’idée métaphysique s’améliore autour d’un organisationnel plus physique ou bien que ces partisans restent cachées, loin des jeu médiatiques, dans l’ombre et l’obscurité, défiant secrètement le pouvoir et l’autorité en toute humilité, pour ne pas engendrer un effet domino inévitable et incontrôlable.

Une guerre médiatique, l’effervescence du lobbying 2.0

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The Anonymous reste on l’a vu sa réactivité et sa force d’action quasi instantanée. Son pouvoir lobbyiste s’étend à travers le monde.

Alors que le contexte américain est aujourd’hui à la mise en place d’une législation du web, les mouvements de contestations concernent tout le monde. Des citoyens aux grands acteurs comme WordPress, Wikipédia (version anglaise) ou Reporter sans Frontières se sont associés à la première journée de grève digitale mondiale, l’opération Black Out  (fermeture des sites pour protester contre la mise en place des lois SOPA et PIPA). Aujourd’hui c’est la page facebook du FBI qui subit de vives critiques.

En s’attaquant à MegaUpload, les Etats-Unis ont mondialisé de plus bel le débat autour du téléchargement illégal en l’élevant à des sujets autour de la liberté d’expression, la censure, le droits des œuvres intellectuelles, etc certains y voient le démarrage d’une guerre numérique : la World War Web. Pourquoi les majors continuent-ils à lutter contre des plateformes qui attirent 50 millions d’internet par jour au lieu de s’y adapter ? Où sont les excuses ? Où sont les véritables enjeux des parties prenantes ? L’anonymat est-il mort ? Sommes-nous dans le fantasme de Big Brother ou de véritables pirates ? Le sujet a dépassé le simple fait de pirater de la musique ou des films, nous sommes dans un conflit entre deux générations, entre un système en place et un système digital en développement, entre des pirates stars et des entités politiques  et  juridiques critiquées. Faites-vous votre opinion, choisissez votre camp, nous n’avons pas fini d’en entendre parler … encore faut-il que tout ça ne soit pas censuré …

Thibaut

À propos de Thibaut

#Insight #society #NewTech #2.0 #Mkg #Startup #Arts @thibautrey2_0

Publié le janvier 20, 2012, dans Business Wall[u], Innovation, Web : Social & App, et tagué , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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